Une assurance santé internationale est un contrat qui vous soigne là où vous vivez, quand votre pays d'origine a cessé de le faire et que le pays d'accueil ne s'en charge pas. C'est une définition en creux, et c'est exactement le problème : ce que le contrat vaut dépend entièrement de ce que ces deux systèmes ne couvrent plus.
Trois questions décident de tout, et aucune ne figure sur une plaquette commerciale. Est-ce que la sécurité sociale du pays où vous partez vous accepte ? Combien y coûte un acte réel, en monnaie locale, chez un opérateur qui n'est soumis à aucun contrôle des prix ? Et à quelle date signez-vous, sachant que tout ce que votre dossier médical contient la veille devient opposable le lendemain ? Le reste, y compris le comparatif de garanties que tout le monde publie, en découle.
En bref
- 01Trois montages existent : la CFE seule, la CFE complétée, ou un contrat privé au premier euro. Ils ne s'adressent pas aux mêmes personnes.
- 02Dans la plupart des pays d'accueil, un résident étranger non salarié n'a pas accès au régime public. Au Panama, la porte existe, mais elle sélectionne.
- 03La date de souscription pèse plus lourd que le choix de l'assureur. Souscrire après le départ transforme vos antécédents en exclusions.
Les contrats souscriptibles depuis la France, comparés sur ce qui bloque
Un comparatif de plafonds ne sert à rien tant qu'on ne sait pas si l'on est éligible. Ces trois formules se départagent d'abord sur trois lignes : qui a le droit de souscrire, pendant combien de temps, et ce que devient un antécédent médical. Le prix vient après, et il ne se compare qu'entre contrats auxquels vous avez effectivement accès.
Aucun de ces trois contrats ne couvre un adhérent de plus de 70 ans. Passé cet âge, le marché se traite par courtier, sur dossier médical, et les tarifs cessent d'être publiés. C'est la raison pour laquelle la date de souscription pèse plus lourd que le choix de l'assureur.
Ce qu'est une assurance santé internationale, et ce qu'elle n'est pas
Une assurance santé internationale n'est pas une assurance voyage prolongée. Une assurance voyage couvre un imprévu pendant un séjour, elle a une date de fin et elle ne traite ni la maternité, ni le suivi d'une maladie chronique, ni les soins programmés. Une assurance santé internationale remplace un système de santé complet : elle finance votre médecine du quotidien, vos hospitalisations, vos accouchements et vos traitements au long cours, année après année. Si votre séjour se compte en semaines, c'est une assurance voyage adaptée au Panama qu'il vous faut, pas ce produit.
Elle n'est pas non plus une mutuelle. Une mutuelle française intervient en complément du régime général : sans régime général, elle n'a plus rien à compléter et cesse mécaniquement de servir. C'est la première mauvaise surprise de beaucoup d'expatriés, découverte au premier remboursement refusé.
Les trois architectures possibles
CFE seule
Petits budgets, profils déjà malades, séjours en pays à soins peu chers.
Vous restez rattaché à un régime français volontaire. La Caisse des Français de l'Étranger rembourse sur la base des tarifs de la Sécurité sociale française, avec des forfaits par pays.
Ce qui joue pour : Adhésion à tout âge, sans questionnaire médical, sans exclusion possible.
Ce qui joue contre : Le remboursement est calculé sur un tarif français, pas sur la facture locale. Le reste à charge grimpe dès que le pays soigne plus cher que la France.
CFE + complémentaire
Retraités, profils avec antécédents, séjours longs en pays cher.
La CFE couvre la base, une complémentaire expatriée prend le différentiel entre le tarif français de référence et la facture réelle.
Ce qui joue pour : Le socle CFE reste accessible sans sélection médicale, la complémentaire absorbe l'écart.
Ce qui joue contre : Deux cotisations, deux interlocuteurs, deux jeux de conditions. Le montage se justifie surtout si la CFE vous est ouverte et pas l'assurance privée.
Contrat au premier euro
Actifs, familles, indépendants, télétravailleurs, tous ceux qui souscrivent avant de tomber malades.
Un assureur privé prend la totalité des frais dès le premier euro dépensé, sans passer par un régime français. C'est le produit vendu sous le nom d'assurance santé internationale.
Ce qui joue pour : Plafonds élevés, réseaux de soins directs, tiers payant hospitalier, évacuation sanitaire intégrée.
Ce qui joue contre : Questionnaire médical, sélection à l'entrée, limite d'âge d'adhésion, délais de carence sur plusieurs garanties.
Le choix ne se fait pas sur le montant de la prime mais sur votre éligibilité. Un contrat au premier euro est presque toujours plus protecteur, à condition que l'assureur vous accepte. La CFE ne refuse personne, et c'est précisément pour cela qu'elle reste le recours des dossiers médicaux chargés et des adhésions tardives.
La sécurité sociale du pays d'accueil ne vous est pas ouverte
La plupart des guides d'expatriation traitent la question du régime local en une ligne, et cette ligne est en général optimiste. La réalité est que les systèmes publics sont presque partout adossés au travail : on y entre par la cotisation salariale, pas par la carte de résident. Un retraité, un rentier ou un indépendant sans structure locale se retrouve donc dehors, même avec un titre de séjour parfaitement en règle. Le Panama en fournit la démonstration la plus nette, parce que c'est aussi un des pays qui vend le plus agressivement sa résidence aux étrangers.

Aux urgences, la question de savoir qui paie se pose avant la question de savoir qui soigne.
Le cas panaméen : la Caja de Seguro Social et le groupe B2
La Caja de Seguro Social est le régime public panaméen. L'affiliation obligatoire vise les salariés, étrangers compris dès lors qu'ils sont employés par une entreprise panaméenne : l'employeur doit les inscrire dans les six jours ouvrables suivant l'embauche. Un titulaire de visa Pensionado ou de Friendly Nations Visa qui ne travaille pas localement n'entre dans aucune de ces cases. Il n'est pas exclu par un texte qui le viserait nommément : il l'est parce qu'aucun texte ne le vise.
Il lui reste l'assurance volontaire, et plus précisément le groupe B2, catégorie explicitement dédiée aux citoyens étrangers et aux indépendants non contribuables. Trois conditions y figurent : une déclaration sous serment établissant une base cotisable d'au moins 500 balboas par mois, soit 500 dollars puisque les deux monnaies sont à parité, un justificatif de domicile ou de résidence au Panama, et des examens médicaux passés devant les médecins de la Caja. Le taux applicable à ce groupe est de 22 % des sommes déclarées, ce qui place le plancher autour de 110 dollars par mois.
Source · Caja de Seguro Social, page officielle « Afiliación de Asegurados Voluntarios », et Reglamento General de Afiliación e Inscripción, résolution 39.489-2007-J.D., Gaceta Oficial 25783 du 3 mai 2007.
Ce que personne ne dit
Ces examens médicaux ne sont pas une formalité administrative. L'article 42 du règlement d'affiliation prévoit qu'une maladie invalidante, une maladie chronique ou congénitale, ou toute affection dont le traitement représenterait un risque économique excessif pour l'institution constitue un motif de rejet de la demande. La Caja dispose de 60 jours pour statuer, et chaque ayant droit est examiné individuellement.
Autrement dit, le régime public panaméen pratique une sélection médicale à l'entrée, exactement comme un assureur privé. Le raisonnement « je m'inscrirai à la Caja si ça tourne mal » ne fonctionne pas : c'est précisément quand ça tourne mal que la porte se ferme. Le coût des examens d'entrée est d'ailleurs facturé aux étrangers du groupe B2 à 100 % de sa valeur, contre 50 % pour les autres catégories.
Et quand on y accède, ce que vaut le service
Supposons la porte ouverte. Reste à savoir ce qu'on trouve derrière.
La presse panaméenne documente des délais d'attente allant jusqu'à un an pour un rendez-vous en neurologie, gastroentérologie ou cardiologie selon les établissements. Le directeur de l'institution a lui-même reconnu l'existence de réseaux internes revendant des rendez-vous médicaux jusqu'à 125 dollars, avec dépôt de plaintes pénales à la clé.
Sur l'imagerie, plus de 7 300 examens d'IRM figuraient en liste d'attente. Sur la chirurgie, l'arriéré tournait autour de 19 000 interventions début 2025, dont près de 10 000 cataractes. Et le ministère de la Santé a installé en septembre 2025 une commission d'évaluation de la pénurie critique de médicaments : quand un État crée une commission sur le sujet, la pénurie a cessé d'être une rumeur d'expatriés.
Source · La Prensa, 30 août 2025 et enquête sur les listes d'attente en imagerie ; CSS Noticias, juillet 2025 ; MINSA, installation de la commission, 20 septembre 2025.
Une résidence bon marché ne dit rien du coût de la santé
C'est le raccourci qui coûte le plus cher aux nouveaux arrivants. Le Panama vend une immigration accessible : un coût de la vie inférieur à celui de l'Europe de l'Ouest, une fiscalité territoriale, des visas de résidence peu exigeants financièrement. Rien de tout cela ne concerne la santé. Le pays a construit une offre médicale privée de bon niveau, calibrée pour le tourisme médical nord-américain, et facturée en dollars auprès d'une clientèle solvable. Aucun contrôle des prix ne s'applique à cette médecine : chaque praticien et chaque établissement fixe librement ses honoraires. C'est la raison pour laquelle il est si difficile de trouver un tarif publié, et c'est aussi le vrai sujet de cette page.

Panama City, la nuit. La ville qui vend une résidence accessible est aussi celle qui facture une IRM 811 dollars.
Un contrepoint existe, et il est écrit dans la loi : la loi 6 de 1987 accorde aux titulaires du statut Pensionado une réduction de 20 % sur les honoraires médicaux et chirurgicaux et de 15 % sur la facture totale des hôpitaux et cliniques privés, 20 % sur les médicaments et 15 % en dentaire et optométrie. C'est un droit, pas un geste commercial. Sur une facture à cinq chiffres, cela reste une remise, pas une couverture.
Ce que coûtent des soins réels, en dollars
Comparer des colonnes de garanties ne dit rien tant qu'on ignore la taille des factures qu'elles sont censées absorber. Voici des actes réels, avec leur source et sa date. Une précision méthodologique s'impose : les écarts internes au privé panaméen sont énormes. Une consultation à 12 dollars dans une clinique de quartier de Panama City et une consultation dans un grand hôpital privé de Punta Pacífica ne relèvent pas du même monde. Aucun des cinq grands établissements privés de la capitale ne publie de grille de consultation, ce qui interdit de donner un chiffre unique.
| Acte | Où | Prix | Relevé |
|---|---|---|---|
| Consultation de médecine générale | Cliniques de quartier, Panama City | 9 à 25 $ | chequeandome.com.pa, 2026 |
| Consultation de cardiologie | Cabinets privés, Panama City | 80 $ | Huli Health, 2026 |
| Consultation de gynécologie | Cliniques privées, Panama City | 35 à 70 $ | chequeandome.com.pa, 2026 |
| IRM cérébrale simple | Hospiten Paitilla | 811 $ | chequeandome.com.pa, 2026 |
| IRM lombaire | Centre d'imagerie indépendant | 380 $ | chequeandome.com.pa, 2026 |
| Accouchement par voie basse, forfait | Hospiten Paitilla, hors honoraires | 1 100 $ | hospitenpaitilla.com, barème 2026 |
| Césarienne, forfait | Hospiten Paitilla, hors honoraires | 2 000 $ | hospitenpaitilla.com, barème 2026 |
| Accouchement par voie basse | Hôpital public Santo Tomás | 52,50 $ | La Prensa, 2018 |
La dernière ligne est là pour donner l'échelle. Un accouchement par voie basse coûte 52,50 dollars à l'hôpital public Santo Tomás et 1 100 dollars en forfait chez Hospiten Paitilla, honoraires de l'obstétricien, de l'anesthésiste et du pédiatre non compris. Un facteur vingt sépare deux établissements distants de quelques kilomètres, et c'est ce facteur que votre contrat doit absorber, puisque le premier ne vous est en pratique pas destiné.

Une IRM cérébrale relevée à 811 dollars chez Hospiten Paitilla, contre 380 dollars dans un centre d'imagerie indépendant : le même examen, un facteur deux.
La chirurgie : la seule grille hospitalière publique du pays
L'hôpital Punta Pacífica publie des forfaits chirurgicaux destinés aux patients voyageurs et expatriés. C'est à ma connaissance la seule grille tarifaire hospitalière accessible au Panama, et elle mérite d'être lue attentivement. Les montants ci-dessous portent une mention de validité expirée fin 2024 : traitez-les comme un ordre de grandeur de 2024, pas comme un devis. L'établissement précise d'ailleurs se réserver le droit de modifier ses prix sans préavis.
| Intervention | Séjour prévu | Forfait |
|---|---|---|
| Cholécystectomie par cœlioscopie | 1 nuit | 6 000 $ |
| Hystérectomie vaginale assistée | 2 à 3 nuits | 6 700 $ |
| Sleeve ou bypass gastrique | 3 nuits | 15 000 $ |
| Prothèse totale de genou, implant compris | 4 nuits | 20 000 $ |
| Prothèse totale de hanche | 5 nuits | 20 000 $ |
| Arthrodèse cervicale, 1 à 2 niveaux | 3 nuits | 43 000 $ |
| Microdiscectomie lombaire, 1 à 2 niveaux | 2 nuits | 54 000 $ |
| Chirurgie de scoliose | 5 nuits | 120 000 $ |
Source · Pacífica Salud, Hospital Punta Pacífica, pages « Paquetes de cirugía », validité affichée jusqu'au 31 décembre 2024.
Lisez maintenant ce que le forfait exclut, parce que c'est là que se joue votre reste à charge. Il comprend le bloc, la salle de réveil, l'équipe chirurgicale et anesthésique, la chambre standard, les médicaments et le passage prévu en soins intensifs. Il exclut les complications, les implants spéciaux, l'anatomopathologie et tout séjour en réanimation au-delà de la durée programmée. Une chirurgie qui se passe bien coûte donc le prix affiché. Une chirurgie qui se passe mal sort intégralement du forfait, et c'est ce scénario-là que vous assurez.
Je ne peux pas vous donner de tarif de nuit d'hospitalisation ni de journée en soins intensifs dans un hôpital privé panaméen : aucun établissement n'en publie, et les montants qui circulent sur les blogs d'expatriés ne renvoient à aucune source vérifiable. Le seul repère chiffré disponible, à ne pas transposer au privé, est un coût de 1 500 dollars par jour et par patient hospitalisé cité par la presse pour l'institut cardiovasculaire public de la Ciudad de la Salud, charge supportée par la Caja.
Le poste qui ruine : l'évacuation sanitaire
Une facture de chirurgie se négocie, se échelonne, se finance. Un vol sanitaire, non. Les opérateurs refusent par principe de publier des grilles, parce que chaque mission dépend de l'état du patient, de l'équipe embarquée et de l'appareil disponible. Les ordres de grandeur communiqués pour un jet médicalisé transatlantique vont de 90 000 à 220 000 dollars, avec une moyenne autour de 120 000 dollars pour un vol de plus de quatre heures et des cas complexes dépassant 500 000 dollars. Une escorte médicale sur vol de ligne coûte beaucoup moins, mais suppose un patient stable capable de voyager assis. Appliqué à un trajet Amérique centrale vers l'Europe, l'extrapolation raisonnable se situe entre 70 000 et 220 000 euros.
Deux choses à retenir. La première est que l'administration française ne prend rien en charge : France Diplomatie écrit noir sur blanc qu'en cas de maladie, d'accident grave, d'évacuation sanitaire ou de décès, l'ambassade ou le consulat ne prendra pas en charge les frais engendrés. La seconde est qu'il existe des contrats couvrant le rapatriement sanitaire aux frais réels, sans plafond. Sur cette ligne précise, la différence entre un plafond et une absence de plafond vaut plus que tout le reste du tableau de garanties.
Cette question devient centrale dès que vous vivez loin de la capitale. Depuis Bocas del Toro, un archipel sans plateau technique lourd, ou depuis les zones de plongée du Pacifique, la distance médicale se compte en heures et en moyens aériens.
La faute la plus chère : souscrire après le départ
C'est le sujet que les pages d'assureurs n'abordent jamais, et pour cause : il ne se vend pas.
Le mécanisme tient en une phrase. Un contrat de santé internationale définit comme préexistante toute affection antérieure à la date de souscription. Tant que vous êtes en bonne santé, cette clause ne vous concerne pas. Le jour où vous êtes diagnostiqué, elle décide de tout, en fonction d'une date que vous ne pouvez plus changer.
Partir sans contrat, s'installer, se faire diagnostiquer une pathologie, puis chercher une assurance produit donc mécaniquement le pire résultat possible : la seule chose que vous vouliez couvrir est précisément celle qui sera exclue. Le contrat vous sera peut-être accordé, mais amputé de son objet.

Le questionnaire de santé est le document qui décide de ce que votre contrat couvrira vraiment. Il se remplit une fois, et il vous suit.
Deux façons de traiter vos antécédents
Les assureurs internationaux utilisent deux modèles, et il vaut la peine de savoir lequel vous est proposé. Le premier, dit de sélection médicale complète, vous demande de déclarer votre historique et statue au cas par cas : couverture entière, surprime, exclusion temporaire de six à vingt-quatre mois, exclusion définitive de la pathologie, ou refus. Le second, dit moratoire, exclut d'emblée toutes les conditions préexistantes sans vous interroger en détail, puis lève l'exclusion après une période sans symptôme, sans traitement et sans consultation, typiquement vingt-quatre mois. Le moratoire est plus facile à souscrire, il est plus dur à faire jouer.
Dans les deux cas, une déclaration inexacte se paie par un refus de remboursement ou une résiliation du contrat, au moment précis où vous en avez besoin. Ne minimisez rien sur un questionnaire médical.
Il en découle un second conseil, rarement formulé : une fois assuré, évitez de changer d'assureur en cours d'expatriation. Chaque nouveau contrat rouvre un questionnaire, et tout ce qui est apparu depuis votre première souscription devient préexistant chez le nouvel assureur. Une économie de quelques centaines d'euros de prime peut vous coûter la couverture d'une pathologie chronique.
Les délais de carence
Même sans antécédent, un contrat neuf ne couvre pas tout immédiatement. Les délais ci-dessous sont ceux d'un contrat expatrié réellement commercialisé, cités à titre d'illustration : ils varient d'un assureur à l'autre et seul votre tableau de garanties fait foi.
Source · Indigo Expat OnePack, tableau de garanties officiel. Repères de marché comparables : maternité de 10 à 12 mois chez les principaux assureurs du marché.
La carence maternité est la plus structurante. Dix à douze mois signifient qu'un projet d'enfant se planifie avant la souscription, pas après. Certains assureurs acceptent de supprimer les carences dentaires en cas de continuité avec un contrat international antérieur, mais maintiennent systématiquement celle de la maternité.
L'âge ferme la porte d'entrée, pas la couverture
Chez la plupart des assureurs privés, la limite d'adhésion se situe entre 65 et 75 ans selon les gammes : 60 ans sur certaines formules hospitalisation seule, 65 ans chez plusieurs contrats du marché, 70 ans sur des formules complètes, 75 ans chez d'autres, et pas de limite supérieure chez quelques acteurs sous réserve de sélection médicale. La distinction décisive est ailleurs : une limite d'adhésion n'est pas une limite de couverture. Plusieurs contrats deviennent viagers une fois souscrits. Souscrire à 62 ans vous ouvre donc une protection à vie que la même démarche à 71 ans ne vous ouvrira plus. La CFE, elle, accepte l'adhésion à tout âge sans questionnaire médical, ce qui en fait le dernier recours structurel des dossiers tardifs.
Combien coûte une assurance santé internationale
Aucun assureur privé de ce segment ne publie de grille tarifaire : les acteurs du marché renvoient tous au devis personnalisé. Tout montant que vous lirez ailleurs vient donc d'un intermédiaire et reste indicatif. La CFE fait exception et publie son barème, ce qui en fait le seul point d'ancrage chiffrable de ce marché.
Le barème CFE, formule MondExpat individuelle
| Tranche d'âge | Par trimestre | Par an |
|---|---|---|
| 30 à 34 ans | 291 € | 1 164 € |
| 40 à 44 ans | 411 € | 1 644 € |
| 50 à 54 ans | 546 € | 2 184 € |
| 60 à 64 ans | 828 € | 3 312 € |
| 65 à 69 ans | 867 € | 3 468 € |
| 70 ans et plus | 909 € | 3 636 € |
Source · CFE, barème officiel avril 2026. La formule RetraitExpat Santé ressort à 492 € par trimestre en individuel. Une catégorie aidée à 228 € par trimestre existe sous condition de ressources, sur demande auprès du consulat.
Comparaison des barèmes officiels d'avril 2025 et d'avril 2026 : les cotisations ont progressé d'environ 11 % en un an. Ce n'est pas une anomalie de la CFE mais le reflet de l'inflation médicale mondiale, que le cabinet Aon situe à 10,3 % pour l'Amérique latine et les Caraïbes en 2026 et WTW à 11,9 %. Quel que soit le montage retenu, intégrez cette pente dans votre budget d'expatriation: une prime d'assurance santé n'est jamais un poste stable.
Côté contrats au premier euro, les estimations de courtiers pour une couverture mondiale hors États-Unis tournent autour de 2 000 à 3 500 euros par an pour un célibataire de 30 à 40 ans. Pour un retraité de 60 à 70 ans, les fourchettes publiées vont de 4 800 à 10 800 euros par an, sur des exemples européens. Nous n'avons trouvé aucune source fiable chiffrant spécifiquement un retraité en Amérique latine, et nous préférons le dire plutôt que d'extrapoler un chiffre que vous prendriez pour argent comptant.
L'arbitrage réel
Une consultation facturée 100 dollars remboursée sur la base d'un tarif conventionnel français revient à environ 16 euros dans votre poche. Le mécanisme est supportable sur du soin courant. Il ne l'est plus face à une césarienne à 2 000 dollars hors honoraires, un forfait de prothèse de genou à 20 000 dollars ou une évacuation à six chiffres. La vraie question n'est donc pas CFE ou premier euro, mais : qu'est-ce qui absorbe l'écart entre le tarif français de référence et la facture panaméenne ?
Huit points à vérifier dans le tableau de garanties
Aucune de ces réponses ne figure sur une page produit. Elles se trouvent dans le tableau de garanties et dans les conditions générales, et c'est là qu'il faut les chercher : quelles que soient les indications ci-dessous, seul votre contrat fait foi.
01Sur quelle base le contrat rembourse-t-il ?
02Quel est le plafond annuel, et sur quoi porte-t-il ?
03L'évacuation sanitaire est-elle aux frais réels ?
04Les États-Unis sont-ils inclus dans la zone de couverture ?
05Que couvre le contrat lors de vos retours en France ?
06Y a-t-il tiers payant hospitalier ?
07Quelle franchise, et sur quel périmètre ?
08Comment le contrat évolue-t-il en vieillissant ?
Quel montage selon votre situation
Vous êtes salarié d'une entreprise panaméenne. Vous cotisez d'office à la Caja, votre employeur vous inscrit. Cela ne vous dispense pas d'un contrat privé : la Caja vous donne un accès au public, avec ses délais, et la médecine que vous utiliserez en pratique reste privée. Une couverture hospitalisation au premier euro est le complément logique.
Vous êtes retraité sous statut Pensionado. La Caja ne vous est pas ouverte, sauf assurance volontaire soumise à examen médical. Vous cumulez le profil que le privé tarife le plus cher et celui qu'il refuse le plus volontiers. Souscrivez tant que vous êtes acceptable, et regardez sérieusement le montage CFE plus complémentaire, qui reste ouvert quand le privé se ferme. Les détails de votre statut sont sur la page Programa Pensionado.
Vous êtes indépendant ou télétravailleur. Vous n'avez ni employeur pour cotiser, ni pension pour ouvrir des droits. Le premier euro est le choix par défaut, avec une attention particulière à la zone de couverture si vous circulez, et à la clause de retour en France. Si vous ne savez pas encore combien de temps vous restez, une formule d'expatriation temporaire comme Cap Tempo Expat couvre une première année d'installation, le temps d'arbitrer sur un contrat définitif.
Vous partez en famille. Les carences maternité et les sous-plafonds pédiatriques décident du contrat. Comparez les garanties optiques et dentaires, souvent vendues en option, et regardez ce que le contrat prévoit pour la scolarité en cas de retour anticipé. La page s'expatrier au Panama détaille le reste des démarches, et santé au Panama cartographie les établissements.
Quel que soit le montage retenu, réclamez le tableau de garanties avant de comparer les primes, et vérifiez ligne par ligne les huit points de la section précédente. Les indications de cette page valent repère de marché : seul le contrat que vous signez fait foi, et il se lit avant la signature, pas au premier sinistre.
08 · Questions fréquentes
Ce que les lecteurs demandent le plus
Quel est le prix d'une assurance santé internationale ?
Pour un contrat au premier euro couvrant le monde hors États-Unis, les estimations de courtiers situent la prime autour de 2 000 à 3 500 € par an pour un célibataire de 30 à 40 ans, et de 4 800 à 10 800 € par an pour un retraité de 60 à 70 ans. Aucun assureur ne publie de grille : ces montants viennent d'intermédiaires, ils sont indicatifs et non contractuels. La CFE, elle, publie son barème : 1 164 € par an à 30-34 ans, 3 636 € par an à partir de 70 ans en formule MondExpat individuelle (barème avril 2026).
Quelle est la différence entre la CFE et une assurance au premier euro ?
La CFE est un régime français volontaire qui rembourse sur la base des tarifs de la Sécurité sociale française, avec des forfaits appliqués par pays. Elle accepte tout le monde, à tout âge, sans questionnaire médical. Une assurance au premier euro est un contrat privé qui prend la facture réelle dès le premier euro, avec des plafonds élevés, mais qui sélectionne à l'entrée. La CFE protège les profils que le privé refuse, le privé protège mieux les factures que la CFE ne suit pas.
Peut-on souscrire une assurance santé internationale après le départ ?
Oui, mais toute pathologie apparue avant la date de souscription devient une condition préexistante au sens du contrat. Elle peut être exclue définitivement, exclue temporairement, ou tarifée en surprime. Souscrire depuis l'étranger reste possible chez la plupart des assureurs ; ce qui change, c'est ce que votre dossier médical contient au moment où vous remplissez le questionnaire.
Un résident étranger a-t-il accès à la sécurité sociale panaméenne ?
Pas automatiquement. La Caja de Seguro Social couvre d'office les salariés, y compris étrangers, employés par une entreprise panaméenne. Un titulaire de visa Pensionado ou Friendly Nations sans emploi local n'est pas affilié. Il lui reste l'assurance volontaire, groupe B2 réservé aux étrangers, qui impose une base cotisable minimale, un justificatif de résidence et des examens médicaux d'entrée à sa charge intégrale.
La Caja peut-elle refuser une adhésion ?
Oui. Le règlement d'affiliation prévoit qu'une maladie invalidante, une maladie chronique ou congénitale, ou toute affection dont le traitement représenterait un risque économique excessif pour l'institution constitue un motif de refus. La décision intervient dans un délai de 60 jours. Compter sur la Caja comme filet de secours en cas de problème de santé est donc un pari perdu d'avance.
Quelle mutuelle française couvre les expatriés ?
Une mutuelle française classique cesse de vous couvrir dès que vous n'êtes plus affilié au régime général, puisqu'elle intervient en complément de celui-ci. Les produits qui couvrent réellement les expatriés sont soit des complémentaires adossées à la CFE, soit des contrats internationaux au premier euro. Vérifiez ce point avant le départ plutôt qu'au premier remboursement refusé.
Faut-il déclarer sa nouvelle résidence à la Sécurité sociale française ?
Le maintien à la Sécurité sociale française n'est pas automatique quand vous transférez votre résidence hors de France. C'est précisément ce vide que la CFE ou un contrat au premier euro comblent. Anticipez la question avec votre caisse avant le départ, en même temps que le volet fiscal de votre installation.



